L’intervention de Gaulle-Johnson pour sauver l’âme du Québec (et du monde)

Par les recherchistes du CRC

Basé sur un texte de Raynald Rouleau écrit en 2002 et publié dans l’Acropole

Toute découverte scientifique révolutionnaire doit nécessairement remettre en question le système d’axiomes qui compose notre bagage scientifique. Ainsi, si Kepler eut accepté la théorie qui présuppose que la terre soit au centre du système solaire il y a 500 ans, il n’eut jamais pu calculer la distance relative entre les planètes, ni décrire leur orbite elliptique ou l’arrangement harmonique du système solaire. De la même façon, si Eratosthène eut supposé que la terre fut plate, il n’aurait jamais pu en calculer la circonférence.

De la même façon, pour assurer la pleine participation du Québec et du Canada à la nouvelle révolution internationale Glass-Steagall, il est nécessaire de remettre en question les axiomes qui sous-tendent quelques-unes des croyances les plus chères de notre population sur la culture et l’histoire nationale.

Partie I

Les origines du Parti Québécois

Les fondateurs du Parti Québécois n’ont jamais eu l’intention de transformer le Québec en un pays véritablement souverain : c’est-à-dire en une république constitutionnelle, indépendante de l’Empire britannique. Une république qui serait bâtie sur les droits inaliénables des citoyens, tels que ceux-ci sont définis et enchâssés dans le préambule de la Constitution Américaine par les pères fondateurs des États-Unis, à savoir les droits à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur.

Nous ne faisons pas référence aux présents dirigeants du PQ, mais plutôt à ceux qui, depuis le début, ont engendré le PQ par une quelconque opération catalytique et qui continuent, jusqu’à ce jour, de forger à leur profit des divisions artificielles qui ont partiellement réussi à monter la majorité de la population du Québec, les francophones, contre les anglophones du Québec et du reste du Canada. Une division perçue comme insurmontable qui a été fameusement appelée « les deux solitudes » depuis déjà longtemps.

En fait, ces catalyseurs du mouvement séparatiste s’opposèrent corps et âme à Daniel Johnson père qui s’était donné pour mission d’ériger une république constitutionnelle du Canada modelée sur la Constitution américaine, et qui fut un des principaux bâtisseurs de nation de l’histoire canadienne.

Le PQ a été créé 16 jours après la mort tragique du Premier Ministre d’alors Daniel Johnson. L’objectif était simple : attirer toutes les forces séparatistes-nationalistes; qu’elles soient de droite, de gauche, communiste, socialiste ou catholique. Le plan était évident : maintenir le mouvement séparatiste comme une pomme de discorde, la tactique typique du « diviser pour régner» caractéristique de l’Empire britannique, afin d’empêcher que ne s’impose une solution comme celle de Johnson qui permettrait d’éliminer le contrôle exercé par les Britanniques sur le Canada.

La proposition pour la constitution d’un Commonwealth du Canada que Lyndon LaRouche écrivit en 1982 était aussi un effort pour libérer tous les Canadiens du contrôle impérial britannique. Ce qu’il faut faire aujourd’hui, en 2013, c’est d’implanter le système de Glass-Steagall qui éliminera les opérations spéculatives des banques et créera une banque nationale hamiltonienne capable d’émettre une grande quantité de crédit productif public pour transformer le Canada en état-nation pleinement souverain.

Les Agents de la Couronne de Sa Majesté

Un des principaux obstacles à la souveraineté du Canada provient d’un aspect du prolongement de la monarchie dans ses colonies et dans le reste du monde qui se nomme les agents de la Couronne de Sa Majesté. Il est particulièrement important que les Canadiens et les Québécois comprennent cela.

Avant que le Canada obtienne le statut légal de “pays”, il était désigné par le nom de « Dominion du Canada »; un appendice de l’Empire britannique à l’intérieur du continent Nord-Américain, administré par les agents de la Couronne, grâce à des centaines d’institutions.

Cette structure existe encore aujourd’hui, et d’une certaine façon, son influence est plus grande que jamais. « Les agents de la Couronne n’ont pas de Constitution formelle et ne font pas partie de la fonction publique ou de la machine gouvernementale du Royaume-Uni … Les agents de la Couronne agissent en tant qu’agents financiers ou agents d’affaire pour les gouvernements de tous les territoires dont l’administration relève ultimement du secrétaire d’état, y compris pour les territoires sous la protection de Sa Majesté et les territoires administrés au nom des Nations Unis ». (1)

Les agents de la Couronne travaillent directement à travers d’organismes clés comme ceux qui dirigent les plus hauts échelons de la fonction publique aussi bien qu’à travers le Canadian Institute for International Affairs (CIIA). La coordination entre ces entités se fait directement avec l’Oligarchie canadienne et le Ministère des affaires étrangères à Londres grâce au Conseil Canadien des Chefs d’Entreprises. Le véritable pouvoir n’est pas situé, ultimement, dans les sociétés ni même dans le parlement, mais ici, dans cette ruche.

Pour ce qui est du Parti Québécois, il a été fondé par René Lévesque. Durant la deuxième guerre mondiale, Lévesque a été recruté par un agent répondant au nom de Robb (2), qui était le responsable montréalais du Bureau de l’Information pour la Guerre (l’Office of War Information (OWI)), un service de renseignement nominalement américain, mais qui opérait sous contrôle britannique (3). Lévesque fut envoyé à New-York pour rencontrer Pierre Lazareff, l’éditeur en chef des services français de l’OWI (4). Il fut rapidement envoyé à Londres. A la fin de la guerre il avait atteint l’équivalent du grade de capitaine. « Nous étions parmi les gens les mieux payés, j’avais un rang équivalent à celui de lieutenant. Je pense que j’ai fini avec celui de capitaine. Je n’étais pas un capitaine en charge d’une unité, mais quelque chose d’équivalent » rapportait René Lévesque dans une interview plusieurs années plus tard. Après cette expérience, Lévesque fut recruté par les renseignements britanniques comme « journaliste » pour les bureaux Montréalais du service de radio international du Canadian Broadcasting Corporation (CBC). Il fut ensuite transféré au service de télévision de Radio-Canada dans les années 50 où il devint une célébrité pour les canadiens français avec son programme populaire d’actualités politico-économiques « Point de Mire ».

Pendant les années 50 et 60, Lévesque contribua régulièrement à la revue Cité- Libre fondée par son ami du collège Brébeuf, Pierre-Elliott Trudeau. A cette époque, Trudeau avait déjà été recruté par les renseignements britanniques après avoir fréquenté Harvard et la London School of Economics. Parmi les professeurs de Trudeau, mentionnons William Yandell Elliott, Joseph Schumpeter et le dirigeant de la Société fabienne britannique, Harold Laski.

Le potentiel de ces deux jeunes hommes fut rapidement aperçu lors de leur passage dans des institutions scolaires menées par les Jésuites : Trudeau au Collège Jean-de-Brébeuf, et Lévesque au Séminaire de Gaspé. L’idée qu’il y a eu plus tard un conflit légitime entre ces deux hommes est l’une des plus grandes impostures de l’histoire canadienne.

C’est à ce moment-là que Lévesque fut officiellement catapulté sur la scène politique québécoise. La raison en était très simple. Il était vital de mettre un terme, à tout prix, au pouvoir de l’Union Nationale, au moment où Daniel Johnson était en train d’en devenir le leader, après les morts soudaines de Maurice Duplessis et de Paul Sauvé, et l’échec d’Antonio Barrette à la tête du parti. Avec Daniel Johnson à sa tête, l’Union Nationale reprit le pouvoir en 1966. Les Britanniques ne pouvaient absolument pas se permette qu’une telle chose se produise. Après tout, Daniel Johnson était un politicien de souche irlandaise qui comprenait l’histoire, et surtout, la psychologie de l’Empire britannique, sachant pertinemment comment l’Empire était responsable des famines répétées qui affligèrent l’Irlande pendant plusieurs générations. Johnson faisait partie d’un groupe de Catholiques petit mais influent qui résistait à l’introduction massive de valeurs malthusiennes dans la société, que proposait l’Organisation pour la Coopération et le Développement Économique (OCDE), laquelle avait forcé des réformes scolaires dans les pays industrialisés ayant pour but de laver le cerveau de la jeunesse (5 ).

Ce fut le début de ce qui a été appelé plus tard la Révolution rock-drogue-sexe. Après la victoire libérale dans les élections de 1960, René Lévesque et un autre de ses copains de Brébeuf, Paul Gérin-Lajoie, devinrent les « nouveaux réformateurs » assignés à « améliorer la structure éducationnelle et politique du Québec. Paul Gérin-Lajoie, s’étant mérité une bourse Rhodes de l’Université d’Oxford, devint le tout premier Ministre de l’éducation, et mena les réformes radicales du système d’éducation du Québec basées sur les réformes de l’OCDE en 1965.

C’est dans ce groupe petit mais influent formé à l’intérieur de l’Église catholique, qu’on trouve cette « alliance pour le progrès et le développement » d’hommes représentants diverses nations en provenance de diverses régions du monde, comme Aldo Moro d’Italie, Ben Barka du Maroc, John F Kennedy et son frère Robert, le Général de Gaulle, le Cardinal Montini (le futur pape Paul VI) et Martin Luther King, pour n’en nommer que quelque- uns. Chacun promouvait le progrès humain. Pour ces personnes, chaque être humain était créé à l’image de Dieu, quelle que soit leur race, et tout homme, femme et enfant avait le droit fondamental de se développer et de jouir des bienfaits du progrès scientifique et technologique – un concept extrêmement dangereux pour un empire qui peut seulement maintenir son hégémonie par l’exploitation des ressources naturelles et par l’appauvrissement intellectuel et physique de ses sujets.

C’est dans ce contexte que René Lévesque joua le rôle qui lui était assigné contre les réseaux de Johnson. Les seuls progrès attribuables au Parti Libéral du Québec durant cette période de leur gouvernement (1960-66) furent le fruit des efforts de Charles de Gaulle ou de ses ministres, et du chef de l’opposition Daniel Johnson qui avait plusieurs co-penseurs dans le Parti Libéral du Québec. Leur mobilisation intensive influença même par moments un Premier Ministre Jean Lesage confus et contradictoire qui tendait à se voir lui-même comme un bâtisseur de nations à la C. D. Howe, mais qui était souvent contrôlé par des forces qu’il ne comprenait pas. Sans que Lesage en eût connaissance, ces forces détestaient le progrès et particulièrement C. D. Howe, le « Ministre de tout » du Parti Libéral fédéral entre 1938-1957. Lesage a su penser à ouvrir des « maisons du Québec » à Paris avec l’aide du Général de Gaulle, mais sans vraiment comprendre de quelle façon elles étaient utilisées pour miner le Québec et le Canada.

La plus grande partie du financement du Parti Liberal à cette époque provenait de réseaux dirigés par Maurice Strong, un ennemi de Charles De Gaulle, qui était lui-même un agent actif des réseaux du Prince Phillip et du Prince Bernhard. Les fonds du Parti Libéral étaient canalisés à travers des entités subsidiaires contrôlées par Power Corporation, dont Maurice Strong était un des directeurs. Strong était devenu Vice-président de Power Corporation en 1963, après avoir fait fortune durant la nationalisation de l’électricité au Québec. Power Corporation se retira presqu’aussitôt du domaine de l’énergie et devint rapidement un consortium géant spécialisé dans les services financiers dont les rênes furent données au jeune Paul Desmarais afin qu’il le gère comme une composante intégrale d’une oligarchie nouvellement réorganisée en 1968.

Pour se faire une simple idée des relations entre René Lévesque et Daniel Johnson: un jour, durant une session de l’assemblée nationale, Lévesque dit à Johnson Vous êtes le personnage le plus vomissant que je connaisse (6).

Néanmoins, après Louis-Joseph Papineau, Daniel Johnson est le personnage politique qui a fait le plus pour avancer le développement du Québec et de ses citoyens. Johnson comprenait qu’afin que l’idée d’une nouvelle constitution soit acceptée au Canada, il avait besoin du soutien des autres provinces, mais pas nécessairement d’Ottawa. En effet, grâce à une erreur incorporée dans l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique de 1867, le progrès du Canada a souvent eu tendance à être catalysé par les provinces plutôt que par le gouvernement fédéral.

D’un point de vue légal, Ottawa était rarement plus qu’un tampon entre l’Empire britannique et les Canadiens. Lorsqu’Ottawa a été capable de catalyser un véritable développement comme sous les gouvernements libéraux des années 1937-1957, cela a été dû à une mixture d’initiatives publiques et d’initiatives privées américaines, et aux pouvoirs de guerre utilisés par des gens comme C. D. Howe, qui leur permettaient de ne pas s’embarrasser du contrôle parlementaire et de la bureaucratie de la fonction publique, et ce bien après que la Deuxième guerre mondiale ait été terminée. Daniel Johnson savait que s’il pouvait gagner le soutien des provinces, alors Ottawa n’aurait qu’à s’incliner devant la volonté du peuple.

Les dix provinces se réunirent en une conférence informelle à la fin de 1967, où il fut décidé de tenir une première conférence constitutionnelle officielle en février 1968, afin de faire adopter une nouvelle constitution canadienne écrite par et pour les Canadiens. Un comité constitutionnel fait de représentants des provinces fut formé dans le cours de ce mois. Le mandat de ce comité impliquait l’étude de toutes les propositions faites par les provinces. Malheureusement, le 5 juin 1968, Johnson fut frappé par une attaque cardiaque qui l’a forcé à abandonner la politique pour 10 semaines et il ne put effectuer un retour avant le 25 septembre à Québec, juste avant d’aller inaugurer le barrage de Manicouagan 5, où il comptait annoncer son projet pour bâtir la nation. Il comptait rencontrer de Gaulle 10 jours plus tard, et il avait l’intention de l’inviter à revenir au Québec en 1969. Cependant, le lendemain on le trouva mort dans son lit près du grand projet hydro-électrique qu’il avait lancé 10 années plus tôt.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, le Général de Gaulle ne fut même pas invité aux funérailles de celui, qu’il appelait “mon ami Johnson”. C’est ainsi que prit fin le projet constitutionnel de Johnson.

Partie 2

Le projet de Gaulle-Johnson

A l’été 1967, le Canada célébrait le centième anniversaire de l’Acte du Nord Britannique. Il faut noter que la confédération canadienne avait été créée dans le seul but de protéger l’Empire contre les forces républicaines d’Abraham Lincoln aux États-Unis et celles de ses alliés au Canada. Cette même année, le Président de la France saisit la main que lui avait tendue Daniel Johnson, ce qui provoqua une onde de choc à travers tout le continent nord-américain. De Gaulle reçut en mai 67 une invitation officielle du premier ministre du Québec, après que M. Johnson eut été l’invité d’honneur du Général à Paris.

Pendant cette rencontre historique, la France et le Québec s’étaient concentrées sur 9 points fondamentaux de coopération pour le développement de la culture, de la technologie et de l’industrie. Parmi ceux-ci, il y avait la participation du Québec au programme spatial franco-allemand « Symphonie », qui visait à produire des satellites de communication (7). Rappelons que grâce à de Gaulle, la France est devenu une puissance mondiale centrée sur les piliers suivants : « progrès, indépendance et paix ». De Gaulle dit à la population du Québec : «Votre histoire est notre histoire. En réalité c’est l’histoire de la France », ajoutant que dans les circonstances présentes « c’est maintenant à vous de jouer le rôle qui a été écrit pour vous, un rôle français ». Cela ne signifiait pas que ceux qui parlaient anglais ou étaient étrangers à la France ne pouvaient pas jouer un « rôle français ». L’idée « de progrès, d’indépendance et de paix » vous inspire-t-elle? Si oui, alors dans l’esprit de de Gaulle, vous êtes français!

Continuant son voyage au Canada, de Gaulle s’adressa à la population de Berthier le 24 juillet 1967: « Eh bien, la France pour sa part, après d’immenses épreuves, est en plein essor de renouvellement et donne elle aussi, vous le voyez, le sentez tous, l’exemple au monde, l’exemple du progrès certes, mais aussi l’exemple du service des hommes quels qu’ils soient et où qu’ils soient ! »

A mi-chemin entre Québec et Montréal, dans la ville industrielle de Trois-Rivières, le général lança une brillante attaque contre l’Empire britannique: « On ne peut justifier quand naît un peuple, son existence et son droit, comme vous chantiez tout à l’heure, ‘Ô Canada’, on ne peut justifier son existence et son droit que si on est en progrès. Or c’est ce que vous êtes, je le vois d’un bout à l’autre du Québec. Vous êtes en train d’accomplir un développement économique, technique magnifique ! »

Si nous regardons le monde aujourd’hui, les pays les plus sous-développés sont les territoires qui sont sous la domination de l’Empire britannique. « L’amour du progrès » tel que de Gaulle le décrit n’existe pas dans l’Empire britannique. L’asservissement des gens et le pillage des ressources sont les seules conditions dans lesquelles l’Empire cancéreux peut survivre. Mais comme de Gaulle et Johnson l’avaient compris, les cellules cancéreuses n’ont pas d’avenir. Elles s’éteignent avec le corps qu’elles habitent. Plus elles sont puissantes et plus leur chute est rapide. Un pays ne peut survivre très longtemps à moins qu’il n’engendre perpétuellement de nouvelles richesses, à moins qu’il ne progresse.

De Gaulle voyait son intervention au Canada entre 1960 et 1969 non seulement comme une intervention dans la géopolitique internationale, mais comme quelque chose d’une importance primordiale pour toute l’humanité. Continuant son voyage le long des berges du St-Laurent, il déclara lors d’un arrêt à Louiseville : « Cet effort [c’est-à-dire la coopération entrer la France et la Nouvelle-France pour le Progrès, l’Indépendance, la Paix], elle [la France] veut le développer et vous pourrez compter sur elle, car ce que nous faisons tous ensemble, nous Français de part et d’autre de l’Atlantique, c’est ce qu’on peut faire de mieux pour l’humanité tout entière. »

“Vive le Québec Libre!”

Le 24 juillet, la procession présidentielle motorisée de de Gaulle fit plusieurs arrêts dans les villes et les villages qui parsemaient ce qui est connu comme « le chemin du roy » sur la rive nord du St-Laurent, entre Montréal et Québec. Tout au long du jour, lors de ces arrêts, il s’adressa brièvement à des foules en délire. Il avait déjà été salué d’une façon enthousiaste par près d’un demi-million de personnes avant même qu’il n’atteignit Montréal en début de soirée. Dans la soirée il fit son célèbre discours du balcon de la ville de Montréal, devant une foule monstre qui s’était assemblée sur la place Jacques-Cartier. « … Je vais vous confier un secret que vous ne répéterez pas. Ce soir ici, et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération. Outre cela, j’ai constaté quel effort de progrès, de développement et par conséquent d’affranchissement vous accomplissez ici… C’est pourquoi elle (la France) a conclu avec le gouvernement du Québec, avec celui de mon ami Johnson, des accords, pour que les Français de part et d’autre de l’Atlantique travaillent ensemble… vous êtes en train de vous constituer des élites, des usines, des entreprises, des laboratoires, qui feront l’étonnement de tous… Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec libre ! Vive le Canada français et vive la France ! »

La monarchie Britannique fut saisie d’effroi par la visite de de Gaulle. Le réveil des petites gens, le réveil d’un pays, d’une république, l’idée de liberté et l’incorporation de cette « étincelle française », diamétralement opposée à l’Empire, représentaient une menace mortelle à son existence. C’est pourquoi une campagne de propagande fut lancée qui déclarait que « de Gaulle joue le jeu d’une minorité d’extrémistes qui veulent la séparation du Québec. (72% des Canadiens-Français étaient favorables aux politiques de de Gaulle : 4 millions… Voilà qui fait une petite minorité d’extrémistes).

Il est intéressant de noter que René Lévesque, le futur chef du Parti Québécois, un des dirigeants de la vraie minorité de séparatistes, n’était pas du tout content de ce que de Gaulle avait fait.

« Nous avons tenté jusqu’au dernier moment de convaincre Aquin [un collègue de Lévesque] de renoncer à ses déclarations [en faveur de de Gaulle]. (…) On ne tardera pas à lui « coller » l’étiquette de député gaulliste. C’est justement ce que nous voulions éviter au mouvement. (…) Vous trouverez là une des raisons majeures qui nous ont fait retarder la création du mouvement (…). »

En colère Lévesque dira : « Nous n’avons pas besoin que les Français nous disent quoi faire. Nous ne deviendrons pas les petits imitateurs du général, non merci. » (traduit de l’anglais) (8)

Exhibant une incompréhension complète des desseins de de Gaulle, Lévesque continuait: « Nous lui gardons (…) une énorme reconnaissance de nous avoir, par ce bienheureux impair, fait connaître au monde entier. »

« Erreur »! Quelle petitesse d’esprit! Comme si l’attaque de l’Empire britannique envers de Gaulle était basée sur le « Vive le Québec Libre »… De Gaulle avait mis des bâtons dans les roues de l’Empire pendant toute sa présidence. Voilà pourquoi ils le détestaient tant, et non pas pour quelques mots dit sur un balcon de l’hôtel de ville.

3ième Partie

La Liberté pour tout le Canada

De Gaulle n’a jamais été un séparatiste. Au contraire, on peut dire qu’il était davantage favorable au mariage canadien qu’à une relation Québec-Empire-britannique. La déclaration officielle du Conseil des ministres français du 31 juillet 1967 était claire : « Il [de Gaulle] a été amené à mesurer leur volonté [celle des Français du Canada] de parvenir, grâce, si possible, ” à l’évolution qu’accomplirait éventuellement l’ensemble canadien “, à disposer d’eux-mêmes à tous égards, et en particulier, à devenir maîtres de leur propre progrès. »

Contrairement à l’opinion populaire, les intentions de de Gaulle n’ont jamais été de détruire le Canada, mais plutôt de le libérer de la pieuvre britannique, de façon à ce que le Canada, dans son ensemble, puisse jouir de la liberté qui résulterait de la politique de la France visant au progrès, à l’indépendance et à la paix. Alors que Johnson voulait clairement libérer le Québec, ils savaient que cela ne serait pas possible aussi longtemps que le Canada serait un appendice de la couronne… Durant sa conférence de presse du 27 novembre 1967, à l’Elysée, de Gaulle expliquait les deux préconditions pour qu’un Québec libre vienne à exister.

La première était un changement complet dans la structure politique du Canada héritée de la monarchie britannique. La deuxième nécessitait de recréer, dans la solidarité, les liens perdus entre les cultures françaises des deux côtés de l’Atlantique. Hélas, aujourd’hui, nous savons qu’une série d’attaques cardiaques (bien synchronisées) ont garanti que cette réunion historique dont de Gaulle rêvait ne se produise pas. Ce revers contribua directement à la formation du système géopolitique anglo-américain que nous connaissons aujourd’hui.

Diefenbaker, De Gaulle et Johnson

Pendant les années 60, Daniel Johnson s’est battu pour garantir que non seulement le Québec, mais aussi le Canada dans son ensemble, puisse devenir souverain en adoptant une constitution républicaine. Il comprenait, comme le Général de Gaulle le faisait, qu’un sain développement

de la société francophone du Canada ne pouvait se produire si le Canada lui-même ne devenait une nation souveraine basée sur un principe de progrès. C’est la seule façon de comprendre le cri de guerre de Johnson : « Indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement l’indépendance ».

C’est pourquoi Johnson intervint d’une manière énergique pour assurer la victoire de John Diefenbaker comme premier ministre en 1957-58 en faisant que l’Union Nationale soutienne sa campagne. Diefenbaker est le seul premier ministre canadien à avoir fait vigoureusement campagne pour développer l’ensemble du Canada à travers le progrès scientifique et technologique, allant jusqu’à combattre pour l’édification d’un système de crédit Canadien pour la première fois de son histoire (9). A l’étonnement de tous, les Conservateurs de Diefenbaker gagnèrent les élections et obtinrent la majorité des votes au Québec, une province qui avait toujours soutenu le parti libéral fédéral depuis l’époque de Laurier. Diefenbaker et Johnson furent alliés depuis leur première rencontre à la conférence des parlementaires du Commonwealth en 1950, et Johnson sera même considéré par certains comme le bras droit de Diefenbaker au Québec. (10)

Diefenbaker est aussi connu pour avoir été un allié proche de de Gaulle durant cette période. Cette amitié s’est rapidement formée après leur première rencontre à Paris en 1958. Des années plus tard, Diefenbaker décrivait sa relation avec de Gaulle dans les termes suivants : « J’ai été très impressionné par la sagesse de de Gaulle et par son intense dévouement au service de la France. En vérité, il était l’âme de la France… De toutes mes visites officielles en tant que Premier Ministre, aucune n’a excédé en splendeur la réception de de Gaulle en l’honneur du Canada ». (11)

L’admiration réciproque des deux dirigeants établit le fondement d’une coopération basée sur une compréhension commune du fait que la souveraineté des nations reposait sur leur défense d’un rajeunissement constant. Si les politiques de Diefenbaker et sa conception du développement du grand nord avait réussi, une révision systémique de la structure politique fédérale Canadienne se serait nécessairement produite. Un héritage culturel universel de progrès aurait engendré un principe sur lequel un pays plurilingue unifié et constitué d’une variété d’ethnies aurait pu se nourrir et croître organiquement. Sans cette orientation et un sens national de mission qui existent aux cœur des gens, toutes les nations seraient condamnées à la division et à la stagnation multiculturelle sous les lois du darwinisme social où chacun lutte contre tous. De Gaulle et Johnson étaient sans aucun doute conscients de ce fait, mais Diefenbaker, monarchiste impénitent, sous-estimait sans doute les obstacles qui seraient mis sur son chemin et qui sabotèrent au bout du compte la plus grande partie de la révolution qu’il désirait en économie physique et en politique.

Dans le discours qu’il prononça à Ottawa le 18 avril 1960, Charles de Gaulle exprimait son sentiment à propos du potentiel du Canada pour un changement progressif dans les termes suivants :

D’une Constitution Britannique à une Constitution Américaine.

Même s’ils étaient très critiques de la direction prise par les États-Unis après l’assassinat de John F. Kennedy, de Gaulle et Johnson n’étaient pas du tout opposés aux États-Unis en tant que tel; c’est -à-dire l’essence et l’âme des États-Unis tels qu’exprimés par leur constitution. Ce fait est démontré par le projet de constitution de Daniel Johnson en page 19 de son Égalité ou indépendance, où nous pouvons lire : « Il serait souhaitable d’examiner l’opportunité de remplacer le régime parlementaire d’origine britannique par un régime “congressionnel” d’inspiration américaine. »

Le problème est clair. L’origine de ces choses terribles qu’ici au Canada nous attribuons souvent à « l’Empire américain », remonte généralement, si on suit la piste qui mène au-delà des réseaux de l’establishment Canadien, jusqu’à l’oligarchie de la City de Londres. De Gaulle, qui avait accès au meilleur service de renseignement de son époque, n’ignorait certainement pas le rôle maléfique joué par les sociétés secrètes et les clubs d’élite loyaux à l’Empire. Ces réseaux, qui en sont venus à déterminer en grande partie la politique étrangère américaine ont eu tendance à induire les États-Unis à se comporter à l’inverse de leur propre nature historique. En plus, ces réseaux sont profondément ancrés et protégés dans l’ensemble du Canada.

Au début des années 60, le monde entrait dans une période très instable. Les fruits des nobles efforts de de Gaulle dans les années qui suivirent la Deuxième guerre mondiale, révélaient une nouvelle dimension de l’identité française centrée sur le « progrès, l’indépendance, et la paix », et permirent aux Français de jouer un rôle crucial dans l’histoire. Sous le leadership de de Gaulle, une nouvelle ère s’ouvrait : il retira toutes les forces françaises de l’OTAN, et il refusa à l’Angleterre l’entrée dans le marché commun, sur la base que si l’Angleterre pouvait le joindre, alors son grand dessein pour une Europe « de l’Atlantique à l’Oural », partagé par le chancelier de l’Allemagne Konrad Adenauer, n’aurait pas pu venir en existence. De Gaulle désirait une « détente », et cela impliquait terminer la guerre froide, et faire avancer les politiques de coopération économique entre l’Ouest et l’Est. Cette période par conséquent faisait naître de grands espoirs parmi les forces républicaines.

Partie 4

Le courage de Daniel Johnson

Au dîner officiel donné en l’honneur du général de Gaulle le soir de son arrivée au Québec, Daniel Johnson apparut plein d’espoir et il montra qu’il était à la hauteur du défi du général en soutenant son grand dessein.

« Sous votre gouverne, la France a recouvré une stabilité qui avive encore notre admiration à son endroit. Elle a poursuivi avec vigueur une vaste entreprise de planification qui a justifié en deux décennies votre foi inflexible en ce que vous avez vous-même appelé son «génie du renouveau. […] mais votre rayonnement outrepasse les frontières de la vieille Europe comme en témoignent éloquemment les réceptions dont vous avez été l’objet en Asie et dans les Amériques au cours des années passées. Votre compréhension des conditions et des problèmes mondiaux, votre esprit de décision et votre ténacité dans l’exécution polarisent les justes aspirations de nombreux pays. Votre action diplomatique se révèle à maints égards l’un des puissants facteurs de l’équilibre international. »

Deux jours plus tard, un peu avant le départ de de Gaulle, Johnson ajouta qu’il croyait qu’une nouvelle ère s’ouvrait pour les Québécois sur la scène mondiale, et que le Québec serait capable de jouer un rôle de partenaire et de force unificatrice pour faire appel à la bonne volonté universelle. Dans l’esprit du premier ministre, la nation française en Amérique entrerait dans l’histoire mondiale et réaliserait son rôle international.

À son retour à Paris, de Gaulle expliqua sa vision politique au peuple français, une vision que les forces politiques anglo-américaines attaquèrent férocement par l’intermédiaire de la presse et des réseaux politiques français. Dans un discours télévisé du 10 août 1967, le Général démontrait que la libération de la Nouvelle-France était un aspect nécessaire de la politique étrangère française.

A l’ordinaire, chacun – c’est bien normal – est absorbé par l’existence et les circonstances quotidiennes et ne prend que de temps en temps une vue d’ensemble sur ce qu’il peut advenir de notre pays. Et pourtant, tout en dépend […]. Comme, dans la situation assez tendue où se trouve le monde, ce que notre peuple fait pèse lourd sur son destin, il y a lieu d’indiquer aujourd’hui […] quel sont les buts visés dans la conduite de la nation et quel est le chemin suivi pour les atteindre. […] Le progrès, l’indépendance, la paix, tels sont les buts conjugués que poursuit notre politique. […] Ainsi, tout ce qui est réalisé quant au développement du pays, dans n’importe quel domaine, à n’importe quel moment, de n’importe quelle façon, est-il combattu, par principe, sans exception, toujours et toujours, par ces adeptes du dénigrement.

“Ainsi, le fait que la France, sans renier aucunement l’amitié qu’elle portait aux nations anglo-saxonnes, mais rompant avec le conformisme absurde et périmé de l’effacement, prenne une position proprement française au sujet de la guerre au Viêtnam ou du conflit au Moyen-Orient, ou – pas plus tard qu’hier – de l’unanime et indescriptible volonté d’affranchissement que les Français du Canada ont manifestée autour du Président de la République française, stupéfie et indigne t-il les apôtres du déclin. »

Conclusion

Depuis plus de 4 décennies, une obscurité aveuglante s’est répandue sur la scène politique québécoise. Après la mort de Daniel Johnson, la vision cauchemardesque de ces « apôtres du déclin » commencèrent à se faire sentir à travers le Canada. Dans les décennies récentes, après que la lumière de l’esprit de Johnson se soit éteinte, nul ne s’est levé pour éclairer la voie du progrès. Les populations francophones et anglophones sont tombées comme des papillons de nuit, sur les flammes trompeuses de l’Empire, agitées par le premier ministre canadien Pierre-Elliot Trudeau d’un côté et par René Lévesque de l’autre. Les Canadiens pensaient qu’ils devaient choisir entre les deux, sans même considérer pour un instant que chacun de ces choix les feraient tomber dans le même piège.

N’aurait-il pas été mieux de retourner à une période plus saine de notre histoire et de suivre l’exemple de ces individus qui comprenaient ces objectifs du progrès, du développement, de la coopération et de la paix? Pourquoi continuer d’admirer ceux qui, consciemment ou pas, ont entraîné à sa ruine le rêve de Johnson et de de Gaulle? Pourquoi devoir continuer d’admirer ceux qui résistèrent à leurs efforts lorsque le moment était venu? Que vous ayez été pour ou contre René Lévesque n’est pas important, mais la grande erreur de ceux qui vécurent à cette époque furent leur croyance que René Lévesque désirait véritablement l’indépendance et la souveraineté, ou même que René Lévesque représentait, sous une forme ou une autre, la continuité de la tradition « de Gaulle-Johnson ».

La présentation du projet de république constitutionnel de Johnson visait à libérer l’ensemble du Canada, mais aussi, comme de Gaulle l’espérait, à transformer l’âme des États-Unis et ce à l’un des moments les plus dangereux de l’histoire récente de l’Empire.

A la fin des années 60, il était évident que l’étouffement de “l’effort français” n’avait que trop réussi, comme en témoigne la mort de Johnson, la chute de de Gaulle en France l’année suivante, et la crise d’octobre 1970. La Crise d’octobre était une opération dirigée par les services spéciaux des intérêts anglo-américains, qui terrorisa des centaines de milliers de Québécois en utilisant la dynamique de terrorisme, d’irrationalisme culturel et de loi martiale, au point où la population traumatisée oublia ce que de Gaulle et Johnson avaient exactement essayer de faire. Petit à petit, la consolidation de mouvements indépendantistes perfides, dont René Lévesque était l’emblème, devint hégémonique et une trappe pour ceux chez qui, au fond du cœur une flamme de liberté vivotait encore.

Il n’est jamais facile d’admettre avoir été escroqué, particulièrement lorsque cette escroquerie, grâce à mille déguisements, se produit sur une période de plus de 4 décennies. La majorité des membres du Parti Québécois ou du Bloc Québécois ne sont pas nécessairement de mauvaises gens, mais ils sont quelque peu naïfs. En général, la plupart des gens qui veulent un changement souverain ont une inclination positive et un dégoût pour les effets de l’impérialisme, mais le fait d’être émotionnellement attaché aux fausses institutions et aux faux axiomes qui ont mené directement à l’asservissement et à la chute de la civilisation, les empêcheront à tout jamais de représenter les véritables intérêts de notre peuple.

 End Notes

(1) p.1-2 A Short History of Crown Agents and Their Office, by Arthur William Abbott, C.M.G, C.B.E The Chiswick Press 1959. — A.W. Abbott à été Secrétaire de Crown Agents de 1954 à 1958.

(2) p. 45 Renée Lévesque: Portrait d’un Québécois, par Jean Provencher Éd. La Presse 1973.

(3) Pour gagner la guerre, Roosevelt a créé l’OWI et l’OSS. L’OWI était responsable de la propagande tandis que l’OSS était responsable du renseignement. Après la guerre, l’OSS et l’OWI furent démantelé, parce qu’ ils n’étaient pas entièrement sous contrôle américain. L’OSS devint la CIA et l’OWI fut réintégré dans les services de renseignements britanniques.

(4) p. 71 René Lévesque: Portrait d’un Québécois, par Jean Provencher Éd. La Presse 1973

(5) A la fin des années 1950, 60% des étudiants du Québec étudiaient en science et 50% de la capacité hydroélectrique du Canada était générée au Québec. Au début des années 1960, Hydro-Québec prévoyait que 50% de son énergie proviendrait de l’électricité nucléaire vers 1985. En 1963, sous la direction d’Alexander King , qui deviendrait le co-fondateur du Club de Rome, l’Organisation pour la coopération et le développement économique (l’OCDE) avait produit un rapport qui servit de modèle pour « une réforme de l’éducation » dans tous les pays industrialisées. Certaines de ces réformes impliquaient le remplacement de la géométrie constructive par les « mathématiques modernes », et remplaçaient l’étude du Grec et du Latin par l’existentialisme français. Au Québec, cette réforme coïncida avec la création d’un ministère de l’éducation (qui impliqua une bataille entre l’église catholique et la franc-maçonnerie). Voir la Presse le 11 novembre 1963, une série en 5 parties défendant la grande loge du Québec.

(6) Jean Provencher, René Lévesque: Portrait d’un Québecois, 1973, p.166

(7) Le projet « Symphonie » était un projet franco –allemand qui consistait en deux satellites de communications qui aurait pu avoir l’effet de connecter le Québec avec le reste du monde francophone. De Gaulle invita le Québec à participer et Johnson répliqua que « le cosmos parlerait Français ». Le projet ne sera pas prêt avant le début des années 70. Malheureusement, les fusées Arianes explosèrent à deux reprises au moment du lancement et les satellites furent finalement envoyés dans l’espace par la fusée américaine Delta en 1974 et 1975. Néanmoins les américains ne coopérèrent qu’à la condition qu’il n’y aurait pas de lien intercontinental, ce qui excluait immédiatement le Québec du projet.

(8) Claude Fournier, René Lévesque: Portrait d’un homme seul, 1993, p.83-84

(9) Matthew Ehret-Kump, Diefenbaker and the Sabotage of the Northern Vision, The Canadian Patriot, CRC, January 2013, p. 28

(10) Albert Gervais, Daniel Johnson: A Short Biography, pg. 18                                                                 (11) John Diefenbaker, Memoirs vol. 2, Macmillan of Canada, Toronto, p.94